Vendredi 25 janvier 2008


Sweeney Todd est une figure classique du folklore britannique. Légende urbaine née au milieu du XIXe siècle (et paraît-il plus ou moins basée sur un fait divers), Sweeney Todd est un serial-killer avant l'heure, un barbier londonien qui égorgeait ses malheureux clients puis, dans les versions suivantes, toujours plus colorées, de l'histoire, refourguait les corps à sa maîtresse qui en faisait alors de délicieux pâtés en croûte. Miam Miam. Maintes fois adapté en film, téléfilm, pièce de théâtre, etc, l'histoire du "barbier diabolique" était devenue en 1979 une comédie musicale, immense succès à Broadway. C'est cette version que Tim Burton a finalement adapté en film (il en avait le projet depuis les années 80) avec ses acteurs fétiches Johnny Depp et Helena Bonham Carter, ainsi que le trop rare Alan Rickman.



Tel Edmond Dantès, Benjamin Barker est un brave barbier victime des machinations du Juge Turpin pour lui ravir sa ravissante épouse. Envoyé au bagne sous un faux prétexte, Barker revient après 15 ans sous l'identité Sweeney Todd avec une seule obsession en tête : la vengeance. Très vite il s'installe auprès de la pâtisserie de Mme Lovett, "les pires tourtes de Londres", qui devient sa complice. Tous deux mettent alors au point un stratagème pour commettre leurs crimes "au nez et à la barbe" (si j'ose dire) de tous.

L'histoire de Sweeney Todd est très classique et ne prend pas par surprise. Ce qui surprend, par contre, c'est l'incroyable noirceur du film de Burton. Après le bouleversant Big Fish (mon Burton préféré) et le délicieux Charlie et la Chocolaterie, on avait oublié à quel point Burton pouvait être l'organiste d'univers sombres et pessimistes. Sweeney Todd est noir, gothique, glauque, désespéré, violent, limite gore. Certaines scènes plus lumineuses ne sont là que pour précipiter à nouveau le film dans les abysses. La maestria visuelle du film est impeccable (nonobstant un générique de début un peu kitsch à moins de le voir comme une parodie sanglante de celui de Charlie et la Chocolaterie.)

Mais il ne faut pas oublier la caractéristique principale du film : il s'agit d'une comédie musicale. Mais vraiment, ça chante de A à Z. Un peu déroutant au début, mais cela donne au film toute sa "saveur". Cet aspect lyrique donne à certaines scènes de pure violence un côté burlesque inattendu et d'un cynisme réjouissant (pas au point de rire "à gorge déployée" non plus...)
Les acteurs sont impeccables, comme toujours, et montrent qu'ils savent pousser la chansonnette.

Bref, pour tailler dans le vif, on retrouve un Tim Burton au mieux de sa forme pour un film étrange, surprenant et d'une noirceur absolue. Tout simplement beau.


*Bannière modifiée par Camille, fan number one de Burton. Merci à elle.

Recherche

Calendrier

Janvier 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Radio NeMO !



Derniers morceaux (10/06) :

Sister Hazel - Mandolin Moon
Plug-In - Ron to the Hills
Men at Work - Land Down Under

Blog membre de la

qu'est ce qu'un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus