Vendredi 25 mai 2007



Je suis un grand fan de Monkey Island. Alors quand le premier film Pirates des Caraïbes a débarqué il y a quelques années, j'étais aux anges tant on peut le considérer comme un film de Monkey Island. Et comme le film était excellent, ça ne gâchait rien.

Même si j'ai beaucoup aimé PdC 2, que j'attendais avec impatience, il lui manquait une vraie construction, une vraie fin. On se contentait de suivre les péripéties sans trop savoir où on allait. Finalement l'effet obtenu fut l'inverse de celui escompté : je n'avais aucune excitation à l'idée d'aller voir Pirates des Caraïbes : Jusqu'au bout du monde.

Si vous comptez aller voir le film, mieux vaut ne pas lire ce qui suit...

Le gros point fort de PdC 3, c'est d'apporter une conclusion très satisfaisante (et plutôt inattendue, bien que d'une certaine manière annoncée dès les premières minutes du premier film) aux intrigues entamées avec le 2e volet. Pourtant le scénario du film n'est pas dénué de défauts... On subit tout d'abord une première partie sans queue ni tête où les personnages font au moins trois fois le tour du monde en une demi-heure... Le personnage de l'excellent Chow Yun Fat, que le marketing nous a vendu comme le nouveau méchant du film, est expédié vite fait et les cabotinages d'un Johnny Depp "décuplé" ne font pas oublier que certaines scènes (la chute de la jonque dans la cataracte du Bout du Monde...) semblent uniquement prétexte à de futures attractions Disneyland.

La deuxième partie du film, plus cohérente, voit les différents camps se préparer pour la bataille finale. On retrouve cette délicieuse amoralité présente dans PdC 2 : les personnages se trahissent, se mentent, changent de camp, au point où on ne sait plus vraiment qui fait quoi, mais la dynamique entre les personnages a toujours été le gros point fort de Pirates des Caraïbes, et le 3e volet ne fait pas exception.

Les acteurs ne sont pas en reste, les scénaristes ayant eu la bonne idée d'opérer un twist dans la hiérarchie des protagonistes. Jack Sparrow semble effacé, de même que Will Turner, étant tous les deux relégués au second plan. Les héros de PdC 3 sont Elizabeth, qui nous gratifie d'un dicours très albatoresque ("hissons nos couleurs et battons-nous sous la bannière de la liberté !"), et surtout Barbossa. Le génial Geoffrey Rush écrase littéralement le reste du cast, son personnage est sûrement le plus charismatique du film. On appréciera les multiples caméos, notamment celui de Keith Richards en Capitaine Teague, Gardien du Code de la Piraterie (entre autres...).

Comme on pouvait s'en douter la bataille finale est très spectaculaire (et complètement surréaliste) et Gore Verbinski s'en donne à cœur joie. C'est finalement la générosité visuelle du film qui achève de faire passer la pillule, et on oublie les incohérences scénaristisques multiples pour se laisser emporter dans ce tourbillon d'aventures fantasques avec le plaisir d'un môme de douze ans. Je n'en demandais pas plus.

Enfin, outre Monkey Island cité plus tôt, Pirates des Caraïbes s'inspirait énormément de l'excellent roman Sur des mers plus ignorées de Tim Powers, et le film se termine par un juste retour d'ascenseur au livre.

Un clin d'œil qui laisse au passage la porte ouverte à de nouvelles aventures...

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