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"Je vous céderais bien ma place, mais elle est occupée..." (Groucho Marx)
Le Blog de Julien Pirou, présentateur de la Minute du Geek, Périscope et Retro and Magic sur la chaîne Nolife, rédacteur d'IG Magazine et geek irrécupérable
Mardi soir au Publicis des Champs-Elysées, Kaze organisait l'avant-première mondiale (10 jours avant même la sortie japonaise) du film
20th Century Boys, réalisé par Tsutsumi Yukuhiko d'après le manga de Urasawa Naoki qui avait reçu le Prix Kodansha en 2001 et le prix de la meilleure série au Festival d'Angoulême
en 2004. Super-production au Japon, le film se veut le premier chapitre d'une trilogie cinématographique (c'est décidémment à la mode...) L'avant-première se déroulait en présence des deux acteurs
principaux du film Karasawa Toshiaki et la belle Tokiwa Takako, qui se sont gentiment prêtés au jeu des questions-réponses avec les fans.
20th Century Boys, qui tire son nom de la géniale chanson de T.Rex, est l'histoire d'une bande de gamins qui, dans les années
70, imaginent un scénario délirant où une organisation maléfique tenterait de détruire l'humanité. De nos jours, l'un de ces gamins, Kenji, devenu un adulte très ordinaire, se retrouve confronté à
une secte dont les agissements semblent suivre à la virgule près le plan imaginé par les enfants 30 ans plus tôt. Le gourou de la secte, un inquiétant personnage masqué connu sous le nom d'Ami,
pourrait-il être un des membres de l'ancienne bande de copains ? Désormais le temps de Kenji pour résoudre ce mystère est compté : en effet, le 31 décembre 2000 est censé prendre place le "grand
bain de sang"...
20th Century Boys, le manga, semblait s'inspirer énormément des œuvres de Stephen King, notamment Ça et le Fléau, le tout mâtiné de traumatismes
typiquement nippons (la bombe atomique, les attentats de la secte Aum Shinrikyo en 1995...) et de références constantes à la pop culture (manga, animé, et surtout rock'n'roll). Cette fusion
improbable était au service d'un scénario extrèmement riche et passionnant, avec un suspense constant étalé sur plusieurs époques.
Qu'en est-il du film ? Eh bien le moins qu'on puisse dire c'est que l'adaptation est fidèle, parfois même trop, avec des évènements scrupuleusement respectés (avec toutefois quelques coupes
chronologiques pas toujours très adroites) et des personnages parfaitement ressemblants à leur homologues de papier. Clairement M. Urasawa, connu pour son contrôle scrupuleux des adaptations de ses
œuvres, a veillé au grain. L'identité du film y perd sans doute un peu, mais les fans ne seront pas trompés sur la marchandise.
Le film n'a pas franchement de gros défauts, à part peut-être un petit côté "téléfilm" symptômatique de beaucoup de productions japonaises (au niveau de la qualité de l'image et des effets
spéciaux, inégaux) et un jeu d'acteur parfois "over the top" (là encore, typiquement nippon) notamment pour le personnage de Kenji. Côté bande-son, là encore le résultat est inégal : le thème
d'Ami, évoquant irrésistiblement Silent Hill, est parfait, mais le reste lorgne un peu trop vers la musique de soap-opera. Au final, si le film dans son ensemble n'est pas parfait,
il a quand même beaucoup de mérite. L'effort est beau, comme on dit.
Il méritera, en tout cas, le déplacement lors de la sortie officielle française... en attendant le chapitre 2.