Jeudi 26 avril 2007


Les plus observateurs parmi vous auront sans doute remarqué que le blog pédale quelque peu dans la semoule,  la faute au serveur Free sur lequel sont hébergées les images qui est actuellement en panne. Bref, en attendant que je puisse à nouveau poster un strip digne de ce nom, je vais vous livrer une triple-critique de derrière les fagots concernant les trois premiers films des Tortues Ninja (oui je suis dans une période Tortues Ninja en ce moment...)


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Lorsque le film les Tortues Ninja sort dans les salles en 1990, les jeunes tortues ninja mutantes sont déjà un phénomène du comics depuis six ans et du dessin animé depuis trois. C'est le studio hong-kongais Golden Harvest qui se colle à l'adaptation cinéma des aventures des reptiles à carapace, et confie la réalisation à Steve Barron, transfuge du monde du vidéoclip où il avait notamment réalisé le clip de "Billie Jean" de Michael Jackson.

La grande force du premier opus des Tortues Ninja au cinéma, c'est d'avoir ignoré le dessin animé dans les grandes largeurs et d'avoir opté pour une adaptation étonamment fidèle du comics original de Peter Laird et Kevin Eastman, plus sombre et plus "réaliste". De fait, Barron parvient à rendre crédible l'histoire de tortues humanoïdes maîtres des arts martiaux, excusez du peu ! Même leur ennemi Shredder est autrement plus inquiétant dans le film que dans le cartoon, sorte de Bin Laden urbain exploitant la jeunesse désabusée de New York au sein de son empire criminel : le clan des Foot. Une menace autrement plus tangible pour le jeune public que les cyborgs du Technodrome.

L'autre grande réussite du film, outre de belles bastons joliment chorégraphiées (si on garde à l'esprit que le tournage n'a pas du être une synécure pour les malheureux engoncés dans les costumes de Tortues), c'est bien sûr les créatures crées par Jim Henson, un Splinter "plus vrai que nature" en tête.

Enfin saluons l'excellente bande-son composée par John Du Prez, plus connu pour son travail de compositeur pour les Monty Python. La bande-originale du film rassemble quelques noms connus de la scène hip-hop du début des années 90 (et tous oubliés pour la plupart...), notamment MC Hammer, Ya Kid K, Partners in Kryme...

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Steve Barron parti vers d'autres cieux, c'est Michael Pressman, réalisateur de série B habitué des productions Roger Corman, qui s'attèle à la réalisation des Turtles II : The Secret of the Ooze, qui sort dès 1991. Pressman respecte la charte graphique instaurée par Barron et conçoit un film très propre et honnête. Malheureusement, ce n'est pas au niveau de la réalisation que ça coince.

Le scénario de Secret of the Ooze tient sur un papier à cigarette troué : Shredder est vivant, vole un container de mutagène dans les labos de TGRI (qui s'appelait TCRI dans le comics au passage) et crée deux mutants pour affronter les Tortues : Tokka et Rahzar. Les producteurs voulaient bebop et Rocksteady du dessin animé, mais Eastman et Laird s'y opposèrent fermement, Tokka et Rahzar furent donc créés pour le film en guise de compromis. Apparemment il était prévu que le Professeur Perry de TGRI se révèle un alien Utrom comme dans le comics, mais cette idée fut abandonnée de peur que ça ne semble trop "bizarre" (et peut-être pour éviter la confusion avec Krang.)

Le film peine à atteindre une durée d'1h20, propose moins de baston (les tortues n'utilisent d'ailleurs quasiment jamais leurs armes), plus d'humour et de punchlines, et se rapproche davantage de l'esprit du cartoon. Le film reste regardable, mais pâlit en comparaison du premier opus.

Enfin, John Du Prez reprend du service sur la bande-originale. Celle-ci contient également des titres hip-hop notamment le fameux "Ninja Rap" de Vanilla Ice.

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Turtles III s'ouvre sur "Can't Stop Rocking" de ZZ Top, pourtant ce qui ressort du visionnage de ce film est qu'il faut parfois savoir s'arrêter. J'avais vu ce film au cinéma quand j'étais petit et ne l'avais jamais revu depuis, à la différence des deux autres. En le revoyant récemment, je n'en avais quasiment aucun souvenir nostalgique : du coup, je l'ai vu avec une objectivité sans concession.

Ce film est vraiment très très mauvais.

Déjà le scénario est du grand n'importe quoi. Les Tortues voyagent dans un Japon médiéval en carton pâte où tout le monde parle anglais (à l'exception d'un petit "Au lit gateau !" par-ci par-là), Michelangelo tombe amoureux d'une jolie japonaise, Leonardo sauve un enfant en lui faisant de la respiration artificielle (!) et le méchant est un trafiquant d'armes anglais (logique, au Japon du XVIIe siècle).

La réalisation est du même tenant : on a le sentiment de regarder un téléfilm de Xena la Guerrière en moins drôle. Les combats sont risibles et Léonardo manie ses katanas comme un glaive gallo-romain. Enfin quand je dis les combats... Je devrais préciser que bien qu'armés de fusils, les méchants reçoivent l'ordre de "tirer au-dessus de la tête" des gentils rebelles, et le sbire numéro 1 du vilain est vaincu par des chatouilles dans les oreilles (sic), ce qui donne une idée de la violence de l'ensemble. Enfin les tortues n'arrêtent pas de danser et faire des blagues carambar toutes les deux secondes au point où l'on sent son bulbe rachidien se ramollir de lui-même pendant le visionnage.

Le film ne soutient pas non plus la comparaison avec les deux premiers sur le plan technique : les costumes des Tortues sont laids et ridicules (là où la grande force des opus précédents était d'être crédibles), Splinter est réduit à un torse apparaissant à une fenêtre.

A un moment donné, April (propulsée elle aussi dans le passé), balance : "C'est le sauvetage le plus nul de l'histoire du cinéma." Bien vu, frangine.

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