Lundi 26 octobre 2009
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Ces dernières semaines ont été pour le moins chargées. Entre mon changement de travail, la préparation de la mystérieuse Soirée Spéciale du 4 novembre (mine
de rien, je bosse dessus depuis Juin !) et mon déménagement (eh ouais), les occasions pour aller au cinéma n'ont pas été nombreuses. Tard dans la soirée de samedi, après avoir fait l'état des lieux
de notre futur chez nous et transporté quelques cartons, ma copine et moi avons enfin eu un peu de temps pour aller voir le film de SF dont tout le monde parle : District 9.
Attention, la critique qui suit n'est pas exempte de spoilers.
District 9 se passe en Afrique du Sud, à une époque proche de la nôtre. Un gigantesque vaisseau-mère extra-terrestre est
apparu au-dessus de Johannesburg, abritant en son sein une population d'1 million d'aliens insectoïdes que la population ne tarde pas à surnommer les Crevettes. Parquées dans un bidonville appelé
le District 9, les Crevettes deviennent vite une population gênante pour les habitants humains, qui voudraient bien s'en débarasser au plus vite. La tension monte entre les deux races, et le MNU,
une corporation privée chargée d'administrer le District, décide de déplacer les aliens dans un camp situé loin de la ville. Mais leur but réel n'a rien d'humanitaire : ce qui intéresse le MNU,
c'est de mettre la main sur la technologie des Crevettes et la revendre au plus offrant.
Chargé de planifier cet exode massif, Wikus Van de Werde est un petit bureaucrate sans grand génie catapulté à la tête de l'opération car il est le gendre du grand patron du MNU. Au moment
d'expulser la famille d'un alien surnommé "Christopher Johnson", Wikus découvre un container mystérieux. En le manipulant, il se fait asperger par un fluide noir. Ce moment va à tout jamais faire
basculer la vie de Wikus, de Christopher Johnson et de tous les habitants du District 9...
Neill Blomkamp est un réalisateur plus connu pour le robot dansant de la pub Citroën ou ses spots pour le jeu Halo. Mais avec District 9, il revisite un univers déjà esquissé dans
son court-métrage de 2005, Alive in Joburg (que l'on peut visionner ici). On y retrouve la thématique générale
et la mise en scène "documentaire", alternant fausses interviews et images prises "sur le vif".
District 9 est évidemment une parabole sur l'apartheid, faisant directement référence au District 6 et à l'éviction de ses résidents noirs entre 1968 et 1982. Le film en général
montre l'humanité sous un jour bien peu glorieux, nous présentant comme intolérants, xénophobes, hypocrites et condescendants. Wikus est un rouage servile d'une administration qui refuse aux
"étrangers" les droits les plus élémentaires, à commencer par le respect. Il ne faut guère s'étonner que sa vie connaisse un bouleversement pour le moins kafkaïen...
District 9 contient également une métaphore christique assez flagrante dans la dernière partie du film, avec la transfiguration et le sacrifice d'un "sauveur", le père et son fils,
et même l'image on ne peut plus explicite d'une croix qui ascensionne vers le ciel dans une lumière céleste. Sans oublier, bien sûr, la promesse d'un retour qui apportera le Salut...
La mise en scène très particulière de District 9 et son côté "filmé dans le feu de l'action" est propre à susciter des réactions opposées selon les spectateurs. Ainsi, j'ai aimé le
film, mais ma copine l'a détesté, ayant même eu envie de quitter la salle avant la fin. Il faut dire que la caméra secoue pas mal, et les images sont parfois assez peu râgoutantes. Si je devais
reprocher quelque chose à District 9, c'est qu'il n'assume pas son parti-pris jusqu'au bout : Neill Blomkamp semble parfois "oublier" le côté documentaire de son film et tomber dans le film
d'action. Non pas que ce soit très grave.
Au final District 9 est un bon film de science-fiction, intelligent et bien réalisé, qui fait un beau pied de nez à beaucoup de superproductions au budget plus important mais dépourvues de
sens.
Par Julien
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Publié dans : Les Critiques du Geek
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