Mardi 12 janvier 2010
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Il n'a pas été facile d'aller voir Avatar, surtout que nous voulions le voir en 3D. Par chance, vu que le film cartonne et explose tous les records, il
était encore à l'affiche un bon mois après sa sortie. Après nous être cassé les dents sur des séances en VO pleines à craquer, nous avons toutefois du nous résoudre à faire une entorse
exceptionnelle à notre règle d'or en allant le voir en VF. A défaut de merle, on mange des grives. Ou quelle que soit la vraie formulation de cette expression.
Avatar signe donc le grand retour au cinéma du maître ès-blockbuster, James Cameron. Cameron est sans doute le seul réalisateur à avoir
su proposer des films à gros budget qui en mettent plein les mirettes tout en rencontrant un succès public et critique (à comparer à un
Michael Bay par exemple...)
Evidemment, les réactions du public sont loin d'être unanimes : on passe de "c'est le plus beau film que j'aie jamais vu" à "tout ça pour ça ?" Mais cela n'a pas empêché
Avatar (qui a quand même coûté la bagatelle de 500 millions de dollars, marketing compris) de devenir en moins de 3 semaines le deuxième plus gros succès de l'histoire du cinéma
(derrière Titanic, du même réalisateur).
Avatar raconte l'histoire de Jake Sully (Sam Worthington, la star qui monte), un marine paraplégique qui après le décès de son frère jumeau, se voit offrir l'opportunité de s'envoler pour la
lointaine planète Pandora afin de le remplacer au sein du projet Avatar. Il se trouve que les terriens sont à la poursuite du macguffinium, qui se trouve en abondance dans le sous-sol de la
planète. Seul problème, les habitants de Pandora, les félinoïdes Na'vi, ne l'entendent pas de cette oreille. Le projet Avatar, mené par le docteur Grace Augustine (Sigourney Weaver, qu'on a
toujours plaisir à retrouver au cinéma), consiste à transférer la conscience d'un humain dans un corps synthétique créé en mixant l'ADN humain et Na'vi. La tâche des Avatars est de se mêler à la
population locale pour tenter d'éviter que la situation sur Pandora ne dégénère en conflit armé. Evidemment, chez les militaires, certains n'attendent que ça.
La moindre des choses qu'on puisse dire, c'est qu'Avatar est visuellement très beau. Difficile de croire que 60% du film a été filmé sur fond vert tant l'intégration des personnages
dans les décors se fait de manière parfaite. Le travail de design et de cohérence artistique de l'univers est de tout premier ordre, mais on pouvait s'y attendre vu que Cameron a fait appel aux
talentueux artistes de Weta Digital, à qui l'on doit les effets spéciaux du Seigneur des Anneaux (qui sont en train de concurrencer sérieusement ILM sur son propre terrain...) La
technologie de motion capture faciale est partciulière convaincante : on arrive même à reconnaître les acteurs qui interprêtent les Na'vi.
L'histoire, en revanche, est très classique. Au bout d'un quart d'heure de film, on se doute déjà de ce qui va se passer par la suite. Cela n'empêche pas de profiter du voyage, notez bien. Mais
difficile de ne pas faire le rapprochement entre Avatar et des films antérieurs comme La forêt d'émeraude, Pocahontas ou Zak & Crysta (un dessin
animé australien injustement méconnu). Même les personnages sont horriblement cliché : côté Na'vi, on retrouve la belle princesse indigène, son prétendant jaloux, le chef digne, et l'arbre sacré.
Côté humains, le colonel fumeur de cigares, la pilote mexicaine, le bureaucrate corporatiste sans scrupules... Ce dernier est d'ailleurs à rapprocher du personnage de Burke dans
Aliens.
Avatar contient d'ailleurs quelques autres clins d'œil amusants à Aliens, notamment le combat final. (Spoiler : dans
Aliens, on a Sigourney Weaver - la gentille - qui grimpe dans un exosquelette pour sauver la petite Newt de la Reine Alien. Dans Avatar, les rôles sont inversés de
manière truculente : l'exosquelette est piloté par le méchant, le héros du film est en danger et la gentille est la princesse alien. Quand le méchant meurt, il a un sourire de compréhension qui m'a
fait penser qu'il avait pigé la blague.) Et évidemment, dans Avatar, la spécialiste des aliens est jouée par Sigourney Weaver. Who else ?
J'ai aussi été un peu dubitatif vis-à-vis du message écologique du film, un peu naïf. Parce que c'est bien beau de donner des leçons, mais je me demande si une partie des 1,3 milliards de dollars
de recettes du film (à multiplier à la sortie du DVD...) sera au moins reversée pour la protection de la nature de notre planète... Bizarrement, j'en doute fort.
Mes remarques peuvent sembler un peu dures, mais comme je le précisais plus tôt cela ne m'a pas empêché de passer un très bon moment avec Avatar. J'aurais juste aimé que le film me
surprenne davantage.
Par Julien
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Publié dans : Les Critiques du Geek
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