Partager l'article ! Marathon Pirate : Capitaine Blood (1935): Titre original : Captain Blood Réalisateur : Michael Curtiz ...
Titre original : Captain Blood
Réalisateur : Michael Curtiz
Acteurs principaux : Errol Flynn, Olivia de Havilland, Basil Rathbone
Année : 1935
Caractéristiques : noir et blanc, parlant
A tout seigneur tout honneur : un seul film pouvait inaugurer cette nouvelle rubrique et il s'agit bien sûr de Capitaine Blood. Réalisé en 1935 par Michael Curtiz, ce grand film d'aventure long de deux heures a lancé la carrière cinématographique d'Errol Flynn, l'imposant comme le grand héros de cinéma de l'entre-deux guerres. Il s'agit d'un film parfait comme seul Curtiz savait en faire, qui reste à ce jour souvent considéré comme le plus grand film de pirates de tous les temps. Avis que je partage d'ailleurs totalement (oui, il n'y aura pas beaucoup de suspense dans cette critique, c'est plus une sorte de mètre-étalon pour la rubrique).

Capitaine Blood est la deuxième adaptation en film d'un roman de Rafael Sabatini publié en 1922. Le film se déroule au dix-septième siècle, juste après la Rébellion de Monmouth ayant tenté de renverser le roi d'Angleterre James II, très impopulaire. Pour avoir soigné un rebelle, Peter Blood, un médecin d'origine irlandaise, est condamné à l'esclavage dans les colonies. Il est acquis par Arabella Bishop, nièce du commandant militaire de Port Royal, qui ne tarde pas à tomber sous son charme. Profitant d'un raid espagnol contre Port Royal, Blood s'évade avec ses amis esclaves, et parvient à profiter de la confusion générale pour prendre le contrôle d'un navire espagnol. Devenu pirate et traqué par les autorités, Blood devient rapidement un capitaine populaire et honorable. Mais il commet l'erreur de s'allier avec le pirate français Levasseur, qui ne partage pas son éthique...
De la romance, de l'action, des scènes de bataille spectaculaires, un héros charismatique, une alchimie palpable entre Errol Flynn (Blood) et sa partenaire Olivia de Havilland (Arabella), des dialogues savoureux, et une mise en scène rythmée : tous les ingrédients étaient réunis pour faire de Captain Blood un classique instantané. Le succès immédiat que remportera le film est du à la fois au talent de metteur en scène de Curtiz, mais aussi à celui des acteurs. Alors illustre inconnu, Flynn s'impose comme l'héritier de Douglas Fairbanks mais parvient à créer son propre archétype : celui du héros charmeur et intrépide, tantôt goujat, tantôt romantique, qui entre deux morceaux de bravoure prend le temps de balancer une répartie bien sentie à la face de son ennemi. Il faudra attendre l'interprétation d'Harrison Ford dans La Guerre des Étoiles et Indiana Jones pour retrouver ce type de personnage.

Si le sourire d'Errol Flynn faisait fondre ces dames, Olivia de Havilland saura charmer ces messieurs. Loins de se cantonner au rôle de la demoiselle en détresse, la jeune actrice, alors âgée de 19 ans, dote Arabella d'un caractère bien trempé, n'hésitant pas à envoyer quelques piques bien senties à l'impétueux Blood. Le couple qu'elle composait avec Flynn était si efficace et crédible qu'ils seront partenaires dans pas moins de huit films (notamment Les Aventures de Robin des Bois, en 1938, toujours réalisé par Curtiz). Enfin notons la présence de l'excellent Basil Rathbone dans le rôle du capitaine Levasseur : là encore, un rôle à la mesure de l'acteur britannique, qui reprendra lui aussi du service dans Robin des Bois dans un rôle de vilain, le perfide Guy de Gisbourne.

Bien sûr quelques petites choses prêtent à sourire aujourd'hui : difficile de ne pas remarquer que Port Royal possède une architecture et une végétation visiblement nord-africaine, ou que les robes que porte Arabella évoquent davantage le dix-neuvième siècle, voire le début du vingtième, que le dix-septième. A l'époque, on ne se posait pas trop ce genre de question de "réalisme", du moment que le rêve était au rendez-vous. Pour réduire les dépenses liées à la nature épique de l'aventure, Michael Curtiz a également réutilisé en douce quelques plans de bataille navale issus du film l'Aigle des Mers réalisé en 1924 par Frank Lloyd. Il est amusant de noter que cinq ans plus tard, Curtiz et Flynn seront à nouveau réunis pour tourner leur propre version de cet autre récit de Rafael Sabatini.

Le plus surprenant est de voir à quel point le film a bien vieilli. A l'image d'autres classiques comme Le Mécano de la Général de Buster Keaton et Casablanca (un autre chef-d'œuvre signé Michael Curtiz), Capitaine Blood a quelque chose de magique et intemporel.
Jolly Roger Factor :
Note : une partie des images de cette critique provient de l'excellent site Doctor Macro, véritable bible pour les amateurs de vieux films.