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Samedi 2 juillet 2011 6 02 /07 /Juil /2011 00:01

marathon-pirate

 

Titre original : The Ice Pirates

Réalisateur : Stewart Raffill

Acteurs principaux : Robert Urich, Mary Crosby, Michael D. Roberts

Année : 1984

Caractéristiques : couleur, parlant

 

Outre les pirates "traditionnels", j'aime beaucoup le concept du pirate de l'espace, écumant l'océan d'étoiles pour lutter contre la tyrannie galactique en faisant battre son pavillon, la bannière de la liberté. Seulement voilà : le cinéma manque tellement de flibustiers intersidéraux que c'en est sidérant. Le film dont je vais vous parler aujourd'hui est l'un des rares exemples de pirates de l'espace dans le cinéma occidental. Seulement soyez prévenus : il s'agit d'un pur et authentique nanar, un film de série B, voire C, réalisé avec un micro-budget en espérant capitaliser sur l'après-Star Wars (le titre français du film n'y va d'ailleurs pas par quatre chemins). Mais comme tout bon nanar, The Ice Pirates possède ce je ne sais quoi de bizarrement sympathique qui nous rend plus indulgents face à des productions fauchées mais sans prétention. 

 

ice pirates poster 01

 

L'affiche ne laisse pas la place au doute : police empruntée à Indiana Jones, style graphique émulant le grand Drew Struzan... The Ice Pirates se place en parodie du style Lucas/Spielberg. Au programme : des combats au sabre ! Des abordages ! Des batailles spatiales (vite fait, hein, parce que ça coûtait trop cher). Des robots crétins ! Des aliens moches ! L'herpès galactique (sic) ! Nous sommes donc il y a très, très longtemps dans une galaxie lointaine et assoiffée. Les tyranniques Templiers contrôlent les réserves d'eau dans tout l'univers, et seule une poignée de pirates courageux (mais pas franchement très futés) continuent de leur tenir tête.

 

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Le film suit les (més)aventures du capitaine Jason, indécrottable coureur de jupons, et son équipage d'intrépides forbans : Roscoe l'expert en robotique, Zeno et Killjoy les brutes de service ou encore Maida l'escrimeuse émérite. Au cours de l'abordage d'un navire transportant des blocs de glace, Jason découvre le corps cryogénisé de la délicieuse princesse Karina, dont il s'éprend évidemment instantanément ("oh non, pas encore" commenteront ses hommes d'équipage). Il se trouve que le père de Karina a disparu en tentant de découvrir la "septième planète", mythique planète bleue perdue pendant la grande guerre galactique. Pour retrouver son père, Karina va recruter les services des pirates, et l'aventure peut commencer.

 

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Le gros problème de The Ice Pirates, c'est qu'il part dans tous les sens. Dans certaines scènes, on sent que le réalisateur cherche à faire un film de SF digne de ce nom au-delà de la parodie bête et méchante, mais cette noble volonté est mise à mal par diverses séquences plus ou moins drôles faisant référence aux films de l'époque (par exemple l'herpès de l'espace parodie joyeusement Alien, la bataille dans le désert rappelle Mad Max 2...) Entre deux séquences destinées à faire rire, une intrigue loufoque mais difficile à suivre se met en place, où il s'agit globalement d'aller de planète en planète à la recherche du prochain indice conduisant au père de Karina et à la planète perdue. 

 

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Quelques scènes tirent leur épingle du jeu, et il s'agit précisément de celles qui ne parodient pas des films existants : le passage où Jason balance un de ses propres robots dans le vide pour mettre les autres au pas, le passage dans la terrifiante (mais hilarante) machine à eunuques, ou encore la battle finale mémorable. Celle-ci repose d'ailleurs sur une vraie bonne idée : piégés dans une distorsion de l'espace-temps, gentils et méchants s'affrontent tout en vieillissant à vue d'œil. Les pirates sont finalement sauvés par le fils de Jason et Karina, conçu peu avant la bataille, accouché et devenu un fringant jeune homme (et le portrait craché de son paternel) en l'espace de quelques minutes dans le vortex. Une autre scène plus intelligente qu'il n'y paraît est l'inévitable scène d'amour (la fameuse conception sus-mentionnée) qui se déroule dans une sorte de holodeck simulant un décor tropical... ou plutôt, une tempête tropicale. Eh oui, dans un univers où l'eau fait cruellement défaut, la mousson a supplanté le coucher de soleil sur la plage en tant que summum du romantisme. 


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 The Ice Pirates a également été plutôt chanceux au niveau de son casting. Le trio de héros, Jason, Karina et Roscoe, sont interprêtés respectivement par Robert Urich, Mary Crosby et Michael D. Roberts, issus du monde de la télé. Urich joue Jason comme une sorte d'hybride loser entre Han Solo et Errol Flynn, plutôt charismatique, quelque peu macho et pas toujours très malin. Crosby insuffle à Karina ce qu'il faut de caractère pour ne pas en faire un simple clone de la princesse Leia (ce que son personnage est en essence). Si le personnage de Roscoe n'échappe pas aux stéréotypes raciaux hollywoodiens (il est le "sidekick noir" typique des films des années 80), le film fait néanmoins de lui non pas le comique de service, mais le plus pragmatique et intellectuel de la bande, offrant au passage à Roberts quelques petites piques sympathiques (Jason : "Mais pourquoi avoir peint ce robot en noir ?" - Roscoe : "Je voulais qu'il soit parfait...")


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Côté seconds couteaux, on notera la présence de Ron Perlman et Angelica Huston dans les rôles de Zeno et Maida. Si la promesse de voir Hellboy et Morticia Addams en pirates de l'espace ne vous séduit pas, rien ne le fera ! Killjoy est quant à lui interprêté par John Mauszak, ex-joueur de football américain reconverti dans le cinéma, qui un an plus tard incarnera l'inoubliable Cinoque des Goonies... Dans le rôle du méchant, on retrouve le prolifique John Carradine (oui oui, le père de David). Max Von Sydow fait également une brêve apparition. Bref, niveau casting, rien à redire.

 

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Malgré des effets spéciaux (voire spécieux) au rabais, une intrigue laborieuse et des gags parfois scabreux, The Ice Pirates reste un petit film divertissant, rythmé et doté de quelques authentiques trouvailles. A vous de voir si ce programme vous laisse de glace...

 

Jolly Roger Factor :


orange skull orange skull grey skull grey skull grey skull

 

 

 

En bonus, l'affiche japonaise du film, également assez savoureuse. Au passage, les visuels des affiches de cette critique sont issus du site Wrong Side of the Art, véritable pépinière de posters de films de série-B.

 

ice pirates poster 02

 


Par Julien - Publié dans : Le Marathon Pirate - Communauté : Nolife
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